Mes conversation avec la Reine
Auteur : Yaguel Didier
Editeur : Robert Laffont
Année : 2202
À chaque fois qu’au cours d’une séance consacrée à la Reine, il est question de Louis XVI, la voix de Yaguel se fait plus sourde, plus émue.
« Mon époux fut un véritable époux. Il savait m’écouter… Lorsque j’osais aborder devant lui l’objet d’un chagrin, il penchait la tête et m’écoutait longuement sans jamais m’arrêter ni me contredire ; or je savais qu’il prenait note de ce que je disais et en tirait les conséquences puisque, par la suite, les attitudes des uns et des autres évoluaient dans le bon sens. »
Je sens qu’il a fait ce qu’il a pu pour la protéger. Mais lui-même était prisonnier d’un tel carcan ! Ce n’est pas lui qui dirigeait, c’était tout un système. C’est la Reine qui parle : « Je puis dire que la Cour était, en fait, entre les mains d’une dizaine de personnes. « De temps en temps, auprès de moi, il épanchait son cœur ; et nous nous retrouvions si fortement dans ces moments-là ! C’étaient des moments exquis, et je n’ai cessé d’y revenir au soir de ma vie. »
« Dans ma geôle, durant mes nuits sans sommeil, j’ai souvent repensé à ce jeune prince que j’avais vu pour la première fois dans le soleil, et qui tout de suite m’a plu par le regard de bonté, si doux, si tendre, qu’il a posé sur moi. Je n’ai jamais douté de son amour ; je sais qu’il fut d’une fidélité exemplaire ; et ses maladresses toujours rattrapées l’ont rendu bien cher à mon cœur. »
Elle dit cela avec beaucoup de tendresse, de gentillesse…
« Et l’on s’est tant mépris sur notre attachement ! Il eût été si facile pour lui de trouver maîtresse…
« Un homme a beaucoup dit et médit sur nous et sur notre vie conjugale. Sa plume trempée dans l’acide me rendait malade. »
Présentation de l'éditeur
Au cours de séances de voyance qui s’étalèrent sur deux années, Yaguel Didier établit des relations intimes avec la Reine et de nombreuses personnes de son entourage.
Soit ceux-ci parlent par sa bouche et racontent leurs actes et leurs sentiments, soit Yaguel les décrit tels qu’elle les voit évoluer à la cour de Versailles, dans les jardins du Trianon ou à la prison du Temple.
Ces voyages dans le passé s’effectuent en compagnie d’un historien.
Celui-ci ne dit pas une parole. Il reçoit les visions du médium comme des scènes panoramiques. Il constate la justesse et l’exactitude des propos tenus par Yaguel, la vérité des faits et la beauté, l’émotion des phrases prononcées.
La vie de Marie-Antoinette se déroule depuis son enfance jusqu’à son exécution. L’Histoire, la grande, s’apprend ici sur un nouveau mode – celui de l’empathie, de l’harmonie créée par Yaguel entre elle et ses personnages ; sa curiosité des êtres, son amour pour leur personnalité, font que la voyante se les approprie d’un bloc, le temps de l’expérience. Cette faculté rare est le don propre à Yaguel Didier, comme elle est le puissant soutien de son art incontesté. Grâce à lui, le lecteur participera à la vie de Marie-Antoinette, comme jamais cela ne lui était arrivé.
Note : 9/10
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