31.03.2008
Testament1
15:26 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie antoinette
29.03.2008
Grand Palais
mardi 25 mars 2008
Expo : Marie-Antoinette au Grand Palais
Quand j'appris, il y a quelques mois, qu'une expo sur Marie-Antoinette allait avoir lieu au Grand Palais, ma première réaction fut d'imaginer une série de salles extrêmement ennuyeuses, pleines à craquer de vaisselle en porcelaine de Sèvres et de meubles poussiéreux. Marie-Antoinette ne m'ayant jamais passionnée, je ne voyais pas comment le Grand Palais parviendrait à éveiller mon intérêt quand même Sofia Coppola avait échoué à cette tâche (après les sublimes Virgin Suicides et Lost in Translation, Marie Antoinette m'avait beaucoup déçue). Mais je me trompais : cette expo est captivante.
Toute sa réussite repose sur une direction artistique magistralement menée par Robert Carsen, habituellement metteur en scène d'opéra. Jamais une expo du Grand Palais ne m'a paru aussi brillamment scénographiée, preuve que le musée devrait faire plus souvent appel à des personnalités extérieures capables de faire parler les œuvres. Comme il l'explique dans une excellente interview à lire dans le dernier Citizen K, Robert Carsen ne connaissait rien au sujet, mais raconter le personnage de Marie Antoinette l'intéressait. Il choisit d'organiser l'expo chronologiquement afin d'en privilégier la dimension intime. Le résultat, formidablement "édité", est aussi digeste qu'une poignée de macarons.
Conçue comme un opéra en trois actes, l'expo démarre par une série de pièces en enfilade symbolisant l'enfance choyée de Marie-Antoinette jusqu'à son arrivée en France. De cette partie, ce sont surtout les dessins des fêtes données à Versailles lors de son mariage que j'ai retenus. Réalisés par Moreau le Jeune, ils sont si enlevés et si précis qu'il suffit de se placer à dix centimètres des cadres pour être à table, au bal ou dans les jardins avec la Cour.
petit_trianon.jpg© Rmn / Cristiano Mangione
Le second acte balaie les riches années 1770-1785 à travers une mise en scène raffinée du Petit Trianon (ci-dessus), que Marie Antoinette fit construire pour échapper à la pesante étiquette qui régnait alors à Versailles. C'est l'époque où la reine, adulée, marque son indépendance par son goût pour les arts. Là, ce sont surtout les premiers portraits réalisés par Elisabeth Vigée-Le Brun qui m'ont intéressée. J'adore ce peintre dont la vie a dû être passionnante. La fraicheur et la douceur de ses tableaux me surprend toujours. Pas étonnant que Marie-Antoinette, déçue par tous les portraits que l'on avait pu faire d'elle jusque là, se soit entichée de Vigée-Le Brun au point d'en faire son portraitiste officiel : même en habits de cour, ses portraits sont bien plus naturels (et flatteurs !) que tous les autres.
Marie_Antoinette_vigee_le_brun.jpg Portrait de la reine Marie-Antoinette dit "à la rose", Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun © Photo RMN - Marie-Antoinette en chemise, Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun
Dans le troisième acte, celui de la descente aux enfers (dont l'entrée est judicieusement marquée par un miroir brisé), on peut d'ailleurs admirer les deux plus beaux portraits de Marie Antoinette par Elisabeth Vigée-Le Brun (ci-dessus). Exposé au Salon de 1783, le tableau de droite fut jugé indécent. On le remplaça par le tableau de gauche, une robe à la française s'avérant bien plus convenable qu'une simple robe de mousseline branche pour représenter celle qu'on ne voyait déjà plus que comme "Madame Déficit".
Je pourrais continuer à vous commenter l'expo pendant des heures tant elle est riche, mais je ne suis pas convaincue que ce serait la meilleure chose à faire : comme un bon film, elle mérite d'être découverte avant qu'on vous en ait trop dit. Courez-y, c'est tout !
Marie Antoinette au Grand Palais
Du 15 mars au 30 juin 2008
Galeries Nationales, entrée Square Jean Perrin
Métro Franklin-Roosevelt ou Champs Elysées-Clemenceau
Ouvert tous les jours de 10h à 22h, sauf le jeudi jusqu'à 20h, fermé le mardi (fermeture des caisses 45 minutes avant)
Tél : 01 40 13 48 00 source l'express
16:28 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie-antoinette
27.03.2008
EXPOSITION
2005 avait marqué le 250 ème anniversaire de sa naissance. 2008 est un crû tout aussi bénéfique pour la gloire posthume de la princesse autrichienne devenue Reine de France: Marie-Antoinette (1755-1793). Jusqu'au 30 juin 2008, les galeries nationales du Grand Palais à Paris, présentent une rétrospective sur la vie et les goûts de Marie-Antoinette à la Cour de France. Outre la sélection éblouissante des oeuvres exposées, la mise en scène, orchestrée par Robert Carsen, que l'on connaît surtout en scénographe des opéras, théatralise le parcours en lui offrant une dimension fastueuse et intimiste, surtout tragique, comme en témoigne la dernière salle en forme de lame (de la guillotine), dans la pénombre, qui évoque la fin terrifiante de celle qui mourut en 1793, décapitée à l'âge de 38 ans.
L'autre grand intérêt de l'exposition parisienne est la place des goûts de la souveraine, patronne des arts et surtout mélomane: décors de scène, partitions dédicacées (de Gluck son ancien professeur à Vienne, devenu compositeur officiel à Versailles), portraits de la Reine en musicienne... Robert Carsen a réinventé le déploiement muséographique des oeuvres en lui associant un fil musical, en écoute dans les salles, en particulier dans la partie finale du premier niveau, où les soirées à Trianon sont subtilement évoquées.
Lire notre dossier spécial Exposition Marie-Antoinette au Grand Palais (jusqu'en 2008)
Illustration: Marie Antoinette au pianoforte par Franz Xavier Wagenschön: la princesse est à Schönbrun et n'a pas 15 ans (Vienne). Toile exposée à Paris, dans la partie viennoise du parcours.
20:41 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie antoinette, reynald roussel
25.03.2008
Les Dates
Marie-Antoinette d’Autriche

- Marie-Antoinette
Née à Vienne (Autriche) le 2 novembre 1755, morte à Paris le 16 octobre 1793, Marie-Antoinette est la quatrième fille de l’empereur François Ier de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche.
Afin de réconcilier la monarchie française avec celle des Habsbourg, le ministre Choiseul mène des négociations qui conduiront au mariage de Marie-Antoinette avec Louis le Dauphin futur Louis XVI.
Au printemps 1770, elle épouse le dauphin Louis, petit-fils de Louis XV. Les fêtes données à cette occasion sont magnifiques, à Paris, le feu d’artifice est l’occasion d’une bousculade monstre qui fait cent trente-deux morts.
La petite archiduchesse fait vite la conquête de toute la cour ; elle est « délicieuse » selon ses contemporains, toute menue, blonde, blanche et rose avec déjà cette grâce et ce port de tête qui faisait dire à son page que, comme on offrait une chaise aux autres femmes, on avait envie de lui avancer un trône.
Mais elle se laisse vite entraîner dans les coteries et les intrigues et d’autant plus facilement que son nouvel époux ne semble guère s’intéresser à elle. Elle doit attendre huit ans, dans l’inquiétude d’être reconnue stérile, la naissance de sa fille, la petite « Madame Royale ».
Pour tromper son ennui ce sont des fêtes et bals, des tables de jeu où elle perd des sommes astronomiques, des escapades avec ses compagnons favoris qui font d’autant plus jaser que l’on connaît ses problèmes conjugaux. Sa mère Marie-Thérèse lui conseille de moins dépenser, d’avoir plus de considération pour le roi et pour l’étiquette. En 1775 Marie-Thérèse écrira à l’ambassadeur de France à Vienne : « Ma fille court à grands pas vers sa ruine ».
Devenue reine en 1774, face à la faiblesse de Louis XVI, on peut raisonnablement penser que c’est elle qui gouverne. Elle place tous les siens et fait chasser tous ceux qui lui ont déplu. Marie-Thérèse sa mère meurt en 1780 et les conseils judicieux que cette dernière lui dispensait s’en vont avec elle. A partir de ce moment, Marie-Antoinette va cumuler les erreurs.
En 1784, elle soutient les intérêts de son frère Joseph II dans sa querelle avec les Pays-Bas, Louis XVI, refuse de prendre le parti de l’Autriche ; les manœuvres de la reine ayant abouti à un accord désavantageux pour la France, le peuple lui donne son surnom : « l’Autrichienne ».
1785, c’est l’affaire du « collier » qui éclate. Marie-Antoinette est victime d’une escroquerie montée par une aventurière qui se fait appeler La Motte-Valois. Elle est aussi victime de la bêtise du cardinal de Rohan et des rancunes de tous ceux qu’elle a malmenés. Sure de son innocence, elle exige l’arrestation de Rohan et un procès public. La fausse comtesse est condamnée, Rohan innocenté et le scandale éclabousse la couronne française.

- Marie-Antoinette
- par Elisabeth Vigée Le Brun
Marie-Antoinette est maintenant détestée par tout le monde et plus particulièrement par le peuple. La misère engendrée par les mauvaises récoltes successives, c’est elle ; la faillite du Trésor, révélée en 1787, c’est elle. Sa seule consolation est son amant Axel de Fersen, l’officier suédois qui lui a été présenté en 1774. Leur amour durera jusqu’à la mort de la reine.
Dès le début de la Révolution, elle refuse tout compromis avec les députés de l’Assemblée, elle reste murée dans son orgueil et ne peut admettre cette idée nouvelle de Nation. Elle va encore plus loin dans cette démarche en refusant l’aide de La Fayette, de Mirabeau et de Barnave. Elle accepte toutefois une entrevue avec Mirabeau, le 3 juillet 1790, mais ne peut admettre l’idée d’une monarchie constitutionnelle. Pour elle la seule solution serait l’aide de son frère ou d’armées étrangères. En 1792 encore, elle refuse le secours de Dumouriez. Elle pousse à la guerre, pensant que c’est de là que viendra le salut, la délivrance.
Depuis octobre 1789, elle est quasi-captive de la nation avec sa famille ; les épreuves ont fait d’elle une mère admirable, une épouse exemplaire qui a de l’estime et de l’affection pour l’homme maladroit mais bon que le sort lui a donné. Elle fait face avec courage et dignité aux grandes journées révolutionnaires, c’est sur elle que se cristallisent les haines populaires ; elle n’est plus que l’infâme, la bête féroce dont il faut arracher le cœur.
Elle amène Louis XVI à l’idée de fuite : ils seront arrêtés à Varennes, le 20 juin 1791. Le 13 août 1792, elle est enfermée avec les siens dans le vieux donjon du Temple. Tous ses amis lui sont arrachés, emprisonnés, exécutés, massacrés. Après l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, on la sépare de son fils âgé de huit ans qu’elle entend bientôt jurer avec ses geôliers dans la cour de la prison.
En octobre c’est le procès. Mêlant dans son réquisitoire les arguments les plus fondés sur les dépenses de la reine et son action politique avec des récits fantaisistes sur les « orgies » de la cour, Fouquier-Tinville y joint, à l’instigation d’Hébert, d’infâmes accusations sur des pratiques sexuelles auxquelles elle aurait initié son fils. Elle répond à tout avec une grande dignité.
Marie-Antoinette ne sait pas que sa mort est déjà décidée et garde jusqu’au bout l’espoir, un espoir entretenu par les nombreux dévouements qu’elle inspire jusqu’à la fin. Ses deux avocats Chauveau-Lagarde et Tronson du Coudray épuisent en vain leur éloquence et sont arrêtés en pleine audience.
En ce jour du 16 octobre 1793, elle est condamnée à quatre heures du matin et conduite à l’échafaud quelques heures plus tard. Âgée de trente-huit ans, elle en paraissait alors soixante : depuis le retour de Varennes, ses cheveux étaient devenus blancs.
http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article239source
11:09 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie antoinette, fouquier-tinville
24.03.2008
La rose
1778-1781: Motherhood and modes
In the middle of her pregnancy, two events which would mark the queen's later life occurred; the return of the Swedish ladykiller and the Queen's eventual reputed lover, Count Axel von Fersen to Versailles for the subsequent two years, and the disgrace of the Duc de Chartres in the wake of his questionable conduct during the Battle of Ouessant against the British. The emperor Joseph also began to make succession claims for Bavaria through his late second wife, and Marie Antoinette's pleading for the French to help intercede on behalf of Austria was rebuffed by the king and his ministers. The Peace of Teschen, signed on May 13, 1779, would later end the brief conflict, but the incident once more showed the limited influence that the queen had in politics.[32]
Marie Antoinette's daughter, Marie Thérèse Charlotte, known affectionately as "Madame Royale" (Madame Fille du Roi) was finally born at Versailles after a particularly difficult labor on December 19, 1778, followed by an ordeal in the afterbirth where the Queen literally collapsed from suffocation and hemorrhaging; the room was packed with courtiers watching the birth and the doctor aiding her supposedly caused the excessive bleeding by accident. The windows had to be torn out to revive her; just as it had been forbidden at the Austrian court, the queen banned most courtiers from entering her bedchamber for subsequent labors.[33]
The baby's paternity was contested in the libelles and most notably by the Comte de Provence, who had always been open about his desire to become King through various means; however, it was never contested by the king himself, who was close to his daughter.[34] However, the pressure to have a male heir continued to be applied, and Antoinette wrote about her worrisome health, which might have contributed to a miscarriage in the summer of 1779.[35]
Meanwhile, the queen began to institute changes in the modes of court, with the approval of the king. Some changes, such as the abolition of segregated dining spaces, had already been instituted for some time and had been met with disapproval from the older generation; more importantly was the abandonment of the wide-hooped panniers and heavy make-up for less make-up and plainer clothing, such as polonaises and, more famously, the muslin dresses which were captured by a 1783 Lebrun portrait of the queen. She also began to participate in amateur theatrics, starting in 1780, in a theatre built for her and other courtiers who wished to indulge in singing and acting.[36]
In 1780, two candidates who had been supported by Marie Antoinette for positions, Charles, the marquis de Castries, and Louis Phillipe, Comte de Ségur, were appointed Minister of the Navy and the Minister of War, respectively. Though many believed it was entirely the support of the Queen that enabled them to secure their positions, in truth it was mostly due to the influence of Finance Minister Jacques Necker that got them the positions.[37]
Later that year, Empress Maria Theresa's health began to give way due to dropsy and an unnamed respiratory problem. She died on November 29, 1780, aged sixty-three in Vienna and was mourned throughout Europe. Though Marie Antoinette was worried that the death of her mother would jeopardize the Franco-Austrian alliance (as well as, ultimately, herself), Emperor Joseph reassured her through his own letters (as the empress had not stopped writing to Marie Antoinette until shortly before her death) that he had no intention of breaking the alliance.
Three months after the empress' death, it was rumored that Marie Antoinette was pregnant again, which was confirmed in March of 1781. Another royal visit from Joseph II in July, partially to reaffirm the Franco-Austrian alliance and also a means of seeing his sister again, was tainted with rumors that Marie Antoinette was siphoning treasury money off to him, which were false.[38]
The queen gave birth to Louis Joseph Xavier François, titled the Duc de Bretagne, on October 22, 1781. The reaction to finally giving birth to an heir was best summed up by the words of Louis XVI himself, as he wrote them down in his hunting journal: "Madame, you have fulfilled our wishes and those of France, you are the mother of Dauphin".[39] He would, according to courtiers, try to frame sentences to put in the phrase "my son the Dauphin" in the weeks to come.[40] It also helped that, three days before the birth, the fighting in the conflict in America had been concluded with the surrender of General Lord Cornwallis at Yorktown.[41]
14:05 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.03.2008
Marie Antoinette
La plus célèbre Reine de France nous fait l'honneur de se dévoiler dans les galeries nationales du Grand Palais. Une exposition où il faut prendre son temps pour mieux l'apprécier fermeture le 30 juin Entrée 10€
08:17 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2008
La Reine
16:56 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reynald roussel, Marie antoinette
21.03.2008
Marie - Antoinette
Tableaux, sculptures, meubles, objets, lettres... Le Grand Palais propose jusqu'au 30 juin, pour un prix très raisonnable, une évocation passionnante de la vie de la reine, brillamment mise en scène par un homme d'opéra.
07:36 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reine de France, marie Antoinette, versailles
20.03.2008
Marie -Antoinette 2008
Paris, du 15 mars au 30 juin 2008
Le metteur en scène d'opéra, Robert Carsen théâtralise la rétrospective Marie-Antoinette au Grand Palais à Paris: trois actes scénographiés pour évoquer le destin de l'archiduchesse, devenue Dauphine puis Reine de France. De Trianon à la guillotine, parcours tragique qui croise l'excellence des arts français dans les années 1780...
Elle était belle, jeune et jolie. Mais avait-elle toute sa tête? Même son frère, futur Joseph II, s'en inquiète en la nommant "Tête à vent"... L'histoire le lui rappellera durement, en réservant à l'archiduchesse autrichienne, devenu reine de France, un sort des plus macabres. L'exposition parisienne qui investit les cimaises des Galeries du Grand Palais à Paris, jusqu'au 30 juin 2008, compense la direction décalée prise par (librement inspiré du roman biographique de la Britannique Antonia Fraser, 2001). Deux ans après ce film dont le kitsch rock ciblait justement le mal-être d'une jeune femme victime, sacrifiée qui n'en finit pas de grandir, avec toutes les velléités du passage à l'âge adulte, retrouve à Paris, ses cadres pompeux, son faste Ancien Régime, de Schoenbrunn à Versailles, mais avec l'oeil d'un scénographe de génie, Robert Carsen soi-même qui directeur artistique du parcours, a conçu les salles, en écrins évocatoires d'un destin, d'anecdotique, devenu "historique". Au final et avec le recul, le mythe de Marie-Antoinette, Reine martyr, princesse écervelée a du mal à se construire... Serait-ce parce que le personnage manque de volonté comme d'ambition? Trop occupé par le détail, comme aveuglé par un narcissisme infantile?
Un opéra de la monarchie
L'impact de l'exposition opératique offert par Carsen, rétablit la vérité d'une figure assez banale finalement, dont l'adolescence insouciante ne finit jamais, mais dont le contexte artistique en particulier, fut de première importance. Ce que donne à voir et à contempler, la muséographie de l'exposition, c'est justement cet environnement de l'éphémère devenu art. Voyez tout au long des salles, ces superbes portraits, dessins, aquarelles et pastels; consultez aussi la généalogie des ébénistes créant meubles, commodes, fauteuils, chaises, banquette, dessus de portes, d'autant plus admirables que tant de prouesses en ciselure, proportions, matériaux ne sont plus visibles au Département des objets d'art du Louvre (pour cause de travaux); et encore ces bustes sculptés, ce sens de l'apparat, du majestueux, de la mesure qui accorde la solennité à l'élégance... un juste idéal qui nous impressionne encore aujourd'hui. Aucun doute, le règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette marqua un âge d'or de l'art français.
Scénographie magistrale
En metteur en scène reconnu et avisé, Carsen ne s'embarrasse pas de décorum factice et encombrant: il cible juste, par économie, par synthèse, par dispositif visuel, assez époustouflants. Trois actes, balisés par une couleur chacun, évoque le passage fugace de la Reine, de Schönbrun à Versailles, de Triano à l'échafaud. Acte I: Le visiteur est d'abord aspiré dans un dédalle de miroirs (motif si cher à Carsen, depuis , dans la perspective d'une enfilade dont le rouge impérial, rappelle les origines et le "foyer" viennois de la princesse. Marie-Antoinette naît le 2 novembre 1755 dans ce palais baroque vertigineux dont le luxe doré des intérieurs compense la rectitude des façades néoclassiques.
A l'acte II, il s'agit d'exprimer par ces tentures d'un bleu roi, propre à Versailles, ce désir de changement, cette aspiration à la liberté, ce romantisme naïf qui poussa la Souveraine à jouer à la bergère, en plein air, ne s'entourant que de jeunes beautés aimables et gracieuses, dans un monde désormais recomposé selon son goût: voici, le temps de la galanterie badine évoqué par la perspective d'un théâtre évoquant le temple de l'amour, façon laiterie de Rambouillet. Puis, après la reconstitution des soirées théâtrales et musicales à Trianon, le parcours met en scène un rêve qui se brise: miroir entaillé, fissuré... la Reine a beau se faire portraiturer en mère vertueuse, rien n'y fait. Son sort est scellé: elle paiera pour ses excès de luxe et ses dépenses obscènes. "Madame Déficit" est lentement menée à l'échafaud: Carsen, à l'acte III, nous plonge dans un nuit d'horreur étouffante. C'est le tunnel de la mort qui se resserre comme un goulot, jusqu'à la dernère scène, celle de l'échafaud: une guillotine magistralement évoquée, avec pour point d'orgue, le dessin de David, représentant la citoyenne Capet, un bonnet sur la tête, quelques instants avant sa décapitation, assise sur la charette funèbre. La conception scénographique est sobre, efficace, magistrale.
Reine des arts, parcours musical
Pour le reste, si les visiteurs n'apprendront pas grand chose de nouveau sur la vie et les goûts de Marie-Antoinette, en revanche la sélection des portraits et objets des plus somptueux, dont beaucoup d'éléments musicaux (instruments dont la harpe que posséda la Reine, partitions avec dédicace de Gluck, son ancien professeur à Vienne, devenu compositeur de la Cour de France), avec en complément de visite, un véritable parcours sonore (en particulier dans la dernière salle du premier niveau qui reconstitue le décor du Déserteur de Sedaine (à partir des éléments décoratifs en provenance du théâtre de Fontainebleau), est passionnante. Les amateurs de belle peinture pourront reconstituer la manière de l'époque, néoclassique et aussi, comme adoucie par une tentation au pastoralisme et au plein air: dans la rotonde du rez de chaussée, deux portraits de la Reine à la rose (en "gaulle" de mousseline, version indécente; en costume français, plus monarchiquement correct), mais aussi les deux pendants du Salon de 1787, ressuscitent une époque où l'imagerie royale a été portée par les meilleures artistes de l'heure: Vigée-Lebrun, Guiard... En offrant un cadre d'opéra à cette exposition foisonnante, Carsen a recréé le plus bel hommage à l'excellence des arts de France, à la veille de la Révolution. Aucun doute, l'exposition du Grand-Palais est l'événement culturel de ce début d'année.
Exposition Marie-Antoinette. Paris. Galeries du Grand-Palais. Du 15 mars au 30 juin 2008.
23:13 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie Antoinette, reynald Roussel
Madame Campan
Née à Paris en 1752 d'un père roturier, Madame Campan entre à la Cour à quinze ans et devient lectrice des filles cadettes de Louis XV. Dotée d'un tempérament vif et déterminé, elle est nommée en 1774 première femme de chambre de Marie-Antoinette qu'elle servira jusqu'en 1792. Attentive, observatrice, intelligente, Madame Campan partage non seulement l'intimité de la reine, mais aussi de nombreux secrets d'Etat. Des fastes de Versailles à la fuite à Varennes, elle se trouve aux premières loges d'événements qui s'apprêtent à bouleverser la France et l'Histoire. Sur un toit inimitable, bienveillant ou virulent, Madame Campan raconte ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, ce qu'elle sait : un trésor inépuisable de vérités et de détails, grâce auquel ses Mémoires demeurent un témoignage unique sur l'Ancien Régime, la Révolution, la vie quotidienne et la personnalité de Marie-Antoinette.
Présentation de l'éditeur
La singularité de ce destin, sa violence ont fait entrer Marie-Antoinette dans la légende dès qu'elle gravit les marches de l'échafaud. Elle apparaît bien comme la dernière reine, le symbole d'un monde disparu, porteur de mystères et générateur de fantasmes. Elle est la première souveraine " médiatisée ", véritable " star " du royaume, lors de l'avènement de Louis XVI. Revendiquant en même temps le droit à une vie privée, elle préfigure ainsi les princesses modernes. Que cette femme frivole et sentimentale, arrachée brutalement à son univers de fêtes, ait pu faire face aux violences révolutionnaires avec un courage exceptionnel ; qu'elle ait défendu son mari et ses enfants avec l'énergie du désespoir ne peut laisser indifférent. Le bonheur ne se raconte pas, une vie heureuse est un secret perdu, mais les malheurs d'une reine tissent la trame d'une tragédie. Douée d'un talent exceptionnel pour mettre l'Histoire en scène, Evelyne Lever nous offre une biographie frémissante, qui renouvelle le sujet et s'adresse à tous les publics tout en restant d'une parfaite rigueur historique.
16:50 Publié dans marie-antoinette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie antoinette, reynald roussel










